10/02/2012 - Rapport d'Enquête Publique du Parc du Mercantour
Le Parc du Mercantour est dans la dernière ligne droite de la modification de sa Charte (durée, environ 3 ans de procédures diverses).
Et ce n'est pas rien : ce document sert de cadre à toute réglementation des activités du Parc ! Une sorte de Constitution pour un Parc national.
De par l'importance de l'évènement, une modification de Charte doit obligatoirement passer en Enquête Publique pour, a minima, consigner les avis des citoyens sur cette modification.
Dans ce cadre nous avions pris rendez vous le 14 avril dernier avec la Direction du Parc National pour entammer le dialogue entre vététistes et gestionnaires de ce parc des Alpes Maritimes.
Le rapport d'enquête publique vient d'être rendu... public !
Et pour le coup, on peut être fiers du travail réalisé grace l'intervention de 2 bénévoles MBF, Philippe Orengo et Xavier Buffet, mais aussi de Pierre Jahan de l'association Eco-Sentiers et grace l'appui de la Fédération Française de Cyclisme !
Le VTT y est excellement bien perçu par rapport à d'autres espaces naturels !
Pierre Jahan vous explique plus précisemment les bonnes nouvelles à retenir :
Bonjour à tous,
Je vous invite à suivre ce lien...>> pour télécharger le rapport d'enquête sur la modification de la Charte du Parc national du Mercantour, fraichement rendu officiel.
Les interventions des vététistes y sont consignées et dans l'avis rendu sur les pratiques VTT (p.366), les descriptions ont bien été reprises.
Le texte de conclusion à ce chapitre VTT est le suivant :
"En conclusion les pratiques de randonnée paraissent compatibles avec les objectifs de protection du cœur de parc, toutefois leur encadrement règlementaire serait souhaitable.
Il serait dommage de condamner, pour les 15 années de durée de la charte, la possibilité d’y pratiquer le vélo de montagne en spécifiant dans la modalité 40 que la pratique du VTT est cantonnée à certaines pistes « carrossables ».
Pourquoi se priver d’ouvrir la discussion avec les pratiquants, comme cela a pu se faire dans d’autres parcs et comme cela est possible dans le cadre du comité de pilotage d’animation et médiation (6.2)?
De toute façon le directeur décidera in fine de la réglementation à appliquer et pourra l’adapter aux constats faits sur le terrain."
Il reste du travail mais un très grand pas est franchi pour les pratiquants !
Pierre Jahan de l'association Eco-Sentiers
26/12/2011 - Avis de MBF sur l'avant projet de Charte soumis à Enquête Publique
Monsieur le Commissaire Enquêteur,
L’association Mountain Bikers Foundation est l’association nationale représentant les intérêts des vététistes, en lien avec les Fédérations délégataires, le secteur économique, les professionnels locaux, les clubs et associations et enfin, les pratiquants fédérés ou non.
Notre association travaille pour le développement durable du VTT en harmonie avec la Nature et les autres usagers.
Notre objectif est de solliciter les responsables publics afin de mettre en œuvre de projets favorisant le développement de ce loisir tout en prenant acte et en proposant des solutions pour limiter les impacts sociaux et environnementaux, avérés, du VTT.
Nous venons de prendre connaissance de la tenue de l’Enquête Publique sur le Projet de Charte pour le Parc du Mercantour. Mountain Bikers Foundation souhaite apporter sa voix dans ce processus.
Dans l’avant projet de Charte, il est clairement explicité que le VTT ne sera autorisé que sur pistes carrossables (page 80, Modalité 40, alinéa II) ce qui n’est pas satisfaisant pour les vététistes.
Le VTT a besoin d’itinéraires larges (ex : Grande Traversée des Alpes, tourisme itinérant de découverte, etc…) passant également par des sentiers monotrace. Il nous semble en effet important de limiter au maximum l’établissement de pistes carrossables très impactantes pour l’environnement et le paysage et n’ayant aucun intérêt pour la découverte de loisir du territoire Parc.
En effet, les pratiquants du VTT, tout comme les randonneurs pédestres et tous les loisirs sportifs de Nature d’une manière générale, émettent le besoin de sentiers monotrace.
- La piste carrossable n’est pas du tout esthétique, elle éloigne du « caractère », de « l’esprit des lieux », si cher aux Parcs nationaux.
- La piste carrossable permet l’introduction d’engins motorisés.
- Elle fait courir de plus grands risques aux pratiquants en aseptisant le territoire, en lissant le danger, en déresponsabilisant par un excès de confiance, mais aussi par un accès des secours jugé plus évident (à tord ou a raison, le débat n’est pas ici).
Concernant le VTT, il est prouvé qu’il n’y a pas plus d’accidents sur les sentiers « monotrace ». Il est prouvé également qu’il n’y a pas d’avantage de conflits d’usage. La piste carrossable permet la pratique débutante en « fausse confiance », de masse, elle permet une prise de vitesse et donc une prise de risques favorisant accidents et érosion par freinages appuyés et dérapages inutiles. La prise de vitesse n’engage pas non-plus à profiter contemplativement du territoire et du contact avec les autres usagers.
Pour nous, le sentier monotrace est garant du maintien de l’esprit des lieux, y compris à VTT. A contrario, l’usage de VTT sur pistes carrossables n’est pas la bonne réponse aux craintes diverses des gestionnaires d’espaces naturels, que nous entendons mais réfutons.
Ensuite, le VTT n’a pas un impact sur l’environnement ou sur le chemin supérieur aux autres sports de nature. Cela constitue une discrimination.
Aucune étude sérieuse, à l’heure actuelle ne permet de prouver un impact supérieur du VTT par rapport aux autres sports de nature dont la randonnée pédestre (qui est favorisée dans les parcs nationaux).
Certaines études prouvent même que le dérangement de la faune est moins important en VTT, car il s’agit d’un dérangement plus rapide et moins bruyant.
Le dérangement floristique est inexistant car le VTT reste sur les chemins, à contrario de nombreux autres loisirs (il est impossible de sortir du chemin sans un matériel de très haut niveau, extrêmement lourd, donc utilisable uniquement en descente avec remontée par moyens mécaniques, véhicule motorisé ou remontée mécanique, et donc inadapté au Parc du Mercantour).
Le VTT peut limiter son impact social, par la prévention des comportements navrants, liés à une méconnaissance mutuelle.
Rien de satisfaisant n’a été fait, à ce sujet, en France. Actuellement, il ne s’agit que de pointer du doigt ou de faire de la mauvaise communication. Un excellent résultat a été relevé dans le Beaufortain, en station, sur territoire très fréquenté en été, grâce à l’apposition de panneaux de sensibilisation énonçant clairement « les règles du jeu ».
Nous souhaitons nous associer avec un organisme de protection de l’environnement à ce sujet.
Nous avons besoin de leur aide et de leur ouverture sur ce point pour « faire l’essai ».
Un parc national devrait se positionner en faveur de la préservation de l’environnement dans un cadre large, dépassant ses frontières, y compris celles de son aire d’adhésion.
A ce sujet, la protection de l’environnement passe par l’usage du Vélo au quotidien. Le vélo est un outil qui ne devrait pas être traduit comme un outil dégradant l’environnement, surtout quand aucune étude sérieuse ne le prouve.
Le « phénomène » VTT dans le Mercantour enfin, restera un épiphénomène. Il ne constituera jamais un déferlement de pratiquants : technicité des chemins et difficulté physique, rapprochent ce sport des sports de montagne et le rendent donc élitiste.
7 millions de vététistes sont présents en France, mais avec une fréquentation libre à 250 VTT/an au refuge des Rabuons, aujourd’hui, nous voyons bien que le Mercantour n’attirera jamais une fréquentation en masse de ces 14% de population de la population française. Une terminologie particulière a été inventée par les pratiquants français de ce VTT très exigeant physiquement, nécessitant un entrainement important, nécessitant parfois le portage du vélo sur de longues distances et de grands dénivelées : il s’agit du « vélo de montagne » (à ne pas confondre avec cette même terminologie, québécoise, qui définit alors l’ensemble du VTT, l’acronyme VTT désignant, au Québec, les Véhicules Tout Terrain, soit les 4x4 et autres motoneiges).
La communauté www.VTTour.fr se fait l’écho de ce type de pratique très proche du Ski de Randonnée en hiver. Philippe Orengo, en copie de ce mail, membre actif de cette communauté, est représentant de Mountain Bikers Foundation sur le sujet du rapprochement avec le Parc national du Mercantour.
Si cette politique d’ouverture au VTT est faite en bonne intelligence, avec un travail sur les impacts sociaux, un travail d’accompagnement pour développer les contacts entre pédestres et vététistes, une politique d’ouverture bien identifiée (favorisant un développement raisonné de la fréquentation…), un travail de suivi de l’impact sur les sentiers et des mesures d’entretien de ce réseau proposées par MBF, aucun problème ne sera à déplorer.
Néanmoins Mountain Bikers Foundation souligne que la politique du Parc du Mercantour est exemplaire en matière de circulation des cycles en Cœur de Parc. Celui-ci fait partie des rares Parcs nationaux à ouvrir la Porte de sa zone Centrale ou Cœur de Parc à cette pratique.
Elle se rapproche de la politique du Parc des Cévennes qui, quant à elle, favorise la Liberté de Circulation pour les Cycles avec des fermetures ponctuelles négociées pour des raisons tangibles.
C’est cette dernière que nous souhaiterions voir pratiquée en tout lieux du territoire français.
Une réunion de concertation informelle engagée en avril 2012 entre Mountain Bikers Foundation, l’association Eco-Sentiers et le Parc national du Mercantour nous a fait parvenir à l’évidence que le mouvement associatif vététiste devait intensifier ses contacts avec les gestionnaires d’espaces naturels et le Parc du Mercantour en particulier.
Nous sommes donc, encore une fois, prêts à travailler en collaboration avec le PNM sur tous ces sujets.
En ce sens, Mountain Bikers Foundation émet un avis positif sur ce projet de charte avec des réserves importantes sur le point 40 des Modalités d’application de la réglementation en Cœur de Parc et souhaiterait voir modifié l’alinéa II par : « Le directeur réglemente l’accès, la circulation et le stationnement des vélos tout-terrain sur un réseau de sentiers dont il établit la liste et pendant les périodes qu’il identifie, en concertation avec les représentants de l’activité ».
La modification de ce paragraphe nous permettait de soutenir sans conditions le projet de Charte pour le Parc national du Mercantour.
Je vous remercie par avance de prendre en considération nos remarques.
Nous vous souhaitons bonne réception.
Cordialement
23/09/2011 - Mercantour, après 6 mois de travail et voici le compte rendu
6 mois d'attente, cela valait le coup puisque notre travail commun paie : une vrai collaboration est en train de voir le jour entre le Parc National du Mercantour et les associations Eco-sentiers
et Mountain Bikers Foundation sur la pratique du VTT au sein du Parc.
Pour rappel, MBF vous informait ici même le 14 avril dernier d'une réunion avec le Parc du Mercantour visant plusieurs points :
- Ouvrir un dialogue et présenter les initiatives MBF et Eco-sentiers
- Avoir un retour sur la politique du Parc du Mercantour d'ouverture de son Coeur de Parc au VTT
- Evaluer les possibilités d'évolution de la réglementation dans le contexte de la refonte de la Charte du PNM
Il aura fallu quelques temps pour que tout le monde tombe d'accord sur la teneur des propos au cours de cette réunion, c'est désormais chose faite.
Le moment est en effet complexe du côté du Parc National. En pleine refonte de la Charte (le texte fondateur de toute la réglementation prise par le Directeur du Parc National) nos associations
ne sont pas les seules à rencontrer le Parc en ce moment d'ouverture pour faire accepter des assouplissements légitimes de réglementation.
Vous verrez dans le document final que le PNM est très prudent sur le développement de la pratique du VTT en coeur de Parc. En revanche il nous incite à travailler en commun sur des sentiers VTT
en zone d'adhésion (hors zone de réglementation).
Les points très positifs sont la réelle volonté de collaborer sur une étude scientifique objective entre associations vététistes et le Parc du Mercantour. L'explicitation de certains points
juridiques et notamment que le portage en Coeur de Parc qui ne peut être sanctionné, etc...
Le dialogue avec ce parc national est désormais ouvert et nos associations sont identifiées commes référentes. A nous désormais, vététistes, d'offrir le meilleur de nous même pour que le VTT
bénéficie d'une bonne perception et puisse éventuellement bénéficier d'un développement dans cet espace protégé.
CR Réunion PNM 140411.pdf
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14/04/2011 - Visite importante au Parc national du Mercantour !
Le 11 avril 2011, une délégation composée des responsables et d’adhérents des associations Eco-Sentiers et Mountain Bikers Foundation a été reçue dans les locaux du Parc National du Mercantour. Monsieur Commenville, directeur adjoint du Parc national secondé par le chargé de communication nous a permis d’ouvrir la discussion sur la pratique du VTT dans ce Parc national.
Plusieurs points ont été abordés :
- Présentation des associations MBF et Eco-sentiers et valorisation de notre travail de sensibilisation, entretien de sentier et de médiation politique
- Un retour sur la politique du Parc du Mercantour vis à vis du VTT
- Une discussion sur l'oportunité d'étendre à d'autres zones cette politique d'ouverture au VTT.
Pour rappel, le Parc du Mercantour est l'un de ces parcs nationaux français les plus favorables à la pratique du VTT. Dans la tradition de fermeture univoque de ces espaces au vélo, le Parc du Mercantour autorise l'accès à quelques pistes en Coeur de Parc (ex zone centrale), dont une traversée entière sur une piste, en partie ouverte à la circulation, joignant la Station d'Isola 2000 à Saint Martin de Vesubie.
Les discussions ont été très positives et ont montré beaucoup d'ouvertures de part et d'autre. Nous souhaitons continuer ce travail en partenariat et espérons qu'il débouchera très prochainement sur de bonnes avancées.
Un dialogue inexistant jusque là vient de s’ouvrir entre le monde du VTT et le Parc National du Mercantour. Cela ne peut être que positif pour toutes les parties.
Les associations vont désormais travailler en commun pour faire des propositions au Parc du Mercantour propositions de parcours de découverte du territoire à VTT. Nous vous tiendrons informés de l'évolution de ces discussions.
13/04/2010 - Article Nice Matin - Projet de fusion Mercantour/Alpi Marritime
Projet de fusion relancé pour le parc transfrontalier du Mercantour
Publié le mardi 13 avril 2010 à 08H22 – Nice matin.
Hier à Nice, le président du Mercantour, Éric Ciotti accueille son homologue italien Gian-Pietro Pepino.(Photo François Vignola)
Et si le parc transfrontalier, dont on parle depuis des années, voyait finalement le jour ? Le projet, qui faisait du surplace, vient en tout cas d’être relancé. Une superstructure coiffant le Mercantour et son voisin italien Alpi Marittime va être créée. Sans doute basée à Tende, à mi-chemin entre les sièges des deux entités Nice et Valdieri, elle sera officialisée fin avril.
Entre autres missions, elle gérera sept programmes binationaux d’un montant de dix millions d’euros financés par l’Europe et dont le plus connu a trait à un inventaire de biodiversité unique en Europe. Cette superstructure, dont la naissance a été annoncée hier par Éric Ciotti, président du Mercantour, est censée préparer une fusion entre les deux parcs.
L’Europe fournit l’outil manquant
L’un et l’autre se sont jumelés en 1987 avant d’engager des actions communes. « On a commencé tout doucement avant de monter en puissance », raconte Gian-Pietro Pepino, président du Parco naturale delle Alpi Marittime. L’idée d’un seul parc a fait peu à peu son chemin. « On avait la volonté mais il nous manquait un outil juridique », poursuit Gian-Pietro Pepino. « Faute de cadre juridique, le dossier ne pouvait aboutir », confirme Christine Michiels du Mercantour. Pour sortir de l’impasse, des responsables des deux parcs se sont ainsi rendus en 2007 au parlement européen. Bruxelles a semblé les entendre qui, six mois plus tard, lançait les Groupements européens de coopération territoriale. C’est un GECT qui, à Tende, va préparer le terrain à une fusion. « Nous avons la volonté, résume Éric Ciotti, de créer le premier parc transfrontalier (La Vanoise et Gran Paradiso sont sur les rangs, ndlr). Nous ne sommes plus au stade de la réflexion mais de l’action ».
Réactiver la candidature à l’Unesco
Aux 68 500 hectares du Mercantour s’ajouteraient les 28 000 hectares d’Alpi Marittime. Mais avant d’en arriver là, plusieurs obstacles devront être franchis, à commencer par l’harmonisation des réglementations et des pouvoirs de police de part et d’autre de la frontière. Ainsi un garde italien ne peut relever une infraction dans le Mercantour et inversement.
En attendant, la superstructure va réactiver la candidature au patrimoine mondial de l’Unesco déposée en 2001 par les deux parcs. Les Italiens ayant renoncé au classement de l’ensemble du massif alpin, a priori irréalisable, le dossier devrait reprendre son cours. Mais la France et l’Italie, qui sont déjà surreprésentées au Patrimoine mondial, ont-elles une chance d’obtenir une nouvelle reconnaissance ?
Jean-Paul Fronzes – Nice Matin


